Dans ma maison en banlieue de Reims, à Cormontreuil, mon UV-C de 9 W vibrait encore dans son boîtier quand j’ai vu l’eau de mon bassin de 10 m³ virer au vert, sous la lumière dure de juillet. J’ai lancé mon test à ce moment précis, parce que la lampe s’allumait bien et que je n’avais rien modifié au montage. Je travaille comme Maëlys Rivoire, rédactrice spécialisée en contenu aquatique pour le magazine en ligne Les Créateurs Aquatiques. Et ce matin-là, mes deux adolescents me demandaient pourquoi le fond avait disparu derrière la terrasse.
Quand l’eau a recommencé à verdir sans prévenir
J’ai retrouvé mon bassin après trois semaines de temps lourd, avec une eau qui avait perdu sa netteté malgré une filtration déjà en place. Le matin de la reprise du vert, j’ai vu le fond s’effacer par zones, d’abord du côté le moins brassé, puis sous les plantes immergées. Je n’ai pas eu besoin de toucher au matériel pour comprendre que quelque chose repartait mal. La surface gardait un reflet propre, mais dessous tout semblait se fermer.
J’ai aussi noté un voile vert qui revenait après les journées de plein soleil, puis retombait un peu le soir sans jamais disparaître vraiment. Le panier de pompe se chargeait plus vite que d’habitude, avec un dépôt brun-vert qui collait aux doigts quand je le vidais dans le seau. J’ai essuyé mes avant-bras sur un vieux chiffon parce que la pâte restait grasse et que l’odeur de vase remontait aussitôt.
Au départ, j’avais installé un 9 W parce que, sur le papier, ce choix me semblait tenir pour 10 m³. Après 18 ans de travail rédactionnel dans mon métier, et avec ma licence en sciences de l’environnement de l’Université de Reims, obtenue en 2003, j’ai appris à me méfier d’un dimensionnement trop théorique. Sur un bassin un peu ombragé, j’aurais laissé ce montage tranquille. En plein été, avec un bassin exposé du côté de la rue de Vesle et une eau chauffée dès le matin, je voyais bien que le 9 W ne suivait pas le rythme.
Le vrai déclic est venu quand j’ai ouvert le préfiltre et que j’ai trouvé une pâte verte gluante dans le panier. Là, j’ai compris que le problème ne venait pas seulement de l’eau, mais de la chaîne complète : chaleur, circulation et encrassement. J’ai eu un moment de doute. je me suis dite que j’avais peut-être laissé la lampe vieillissante trop longtemps en place, juste parce qu’elle s’allumait encore.
Ce que j’ai mesuré pendant trois semaines
J’ai suivi le bassin pendant 21 jours, avec deux contrôles par jour, le matin vers 8 h et le soir vers 19 h. J’ai laissé l’UV tourner 24 h sur 24 et j’ai noté les journées où le soleil tapait droit sur la margelle, parce que ce sont celles qui faisaient repartir le vert le plus vite. J’ai relevé 28 °C dans l’eau à 8 h, puis 31 °C à 19 h lors de la journée la plus lourde. Ce n’est pas une mesure de laboratoire, mais c’est assez parlant pour un bassin familial.
Je me suis aussi appuyée sur les repères de l’Office français de la biodiversité, et sur ce que l’ex-ONEMA rappelait déjà sur la relation entre circulation, charge organique et eau claire. Je n’ai pas cherché à faire une analyse chimique fine, parce que ce n’est pas mon terrain. Quand l’eau me semble franchement anormale, je passe la main à un laboratoire ou à un spécialiste du bassin, et je reste sur ce que j’ai observé visuellement et mécaniquement.
J’ai vérifié deux choses à part, et je les ai séparées dans mes notes parce qu’elles ne racontent pas la même histoire. D’un côté, la petite lampe s’allumait bien, ce qui donnait une impression rassurante. De l’autre, la chambre UV ne faisait pas le même travail quand la gaine quartz portait un léger film, presque invisible au premier regard, mais bien présent quand je passais le doigt dessus après démontage. J’ai vu la différence sur la clarté de l’eau : la lumière existait, mais la colonne d’eau ne réagissait plus pareil.
J’ai aussi passé du temps sur le débit réel, parce que j’ai fini par soupçonner que l’eau traversait l’appareil trop vite. Quand j’ai nettoyé le préfiltre, la pompe a respiré tout de suite mieux, et j’ai senti que le circuit se libérait avant même de voir une eau plus claire. Ce geste m’a confirmé un piège que je croise plusieurs fois en rédaction : je peux changer la puissance affichée, mais si l’eau ne reste pas assez longtemps dans la chambre UV, le résultat reste maigre.
J’ai hésité un moment. Après la première baisse du vert, je me suis dite que le 9 W allait peut-être tenir. Puis une journée très chaude a remis un voile plus net en surface, et j’ai dû rouvrir le montage au lieu de conclure trop vite. Je n’aime pas forcer le trait, mais là j’ai vraiment vu que la lampe seule ne disait pas tout, et j’ai dû revenir au préfiltre avant de toucher à autre chose.
Le jour où le 18 W a vraiment changé la donne
Quand j’ai basculé sur le 18 W, j’ai vu l’eau passer du vert franc à un vert plus pâle, puis à un voile laiteux avant de redevenir lisible. J’ai noté une première rupture nette au bout de 4 jours, puis un fond qui réapparaissait par zones au 6e jour, d’abord près des pierres, puis le long des bords immergés. Je n’ai pas eu une eau nette d’un coup, et c’est justement ce qui m’a paru crédible : le bassin a d’abord rejeté ses algues mortes avant de se remettre au clair.
J’ai retrouvé les petites pierres que je ne voyais plus, et les zones mortes se sont réduites dans les angles où l’eau stagnait un peu. En revanche, j’ai gardé des algues filamenteuses accrochées aux parois, surtout près des reprises de niveau et sous la marche immergée. Ce point m’a rappelé une chose simple que je vois aussi dans mon bassin de 35 m² chez moi : les UV clarifient la masse d’eau, mais ils ne décrochent pas les filaments déjà installés.
Quand j’ai rouvert le panier de pompe après nettoyage, j’ai compris que l’UV ne tenait l’eau que parce que la circulation respirait enfin. J’avais presque l’impression d’entendre le circuit reprendre son souffle, parce que le passage n’était plus bouché par ce dépôt brun-vert qui me gênait depuis le début. Cette scène, je ne peux pas la raconter autrement : le changement ne venait pas d’un voyant plus beau, il venait d’un ensemble qui recommençait à travailler ensemble.
J’ai laissé le 18 W tourner en continu et, sur les 7 jours suivants, je n’ai pas revu le même retour du vert après les heures de soleil. Pour moi, la consommation est restée acceptable pour un bassin de 10 m³, parce que j’ai préféré un appareil un peu plus large plutôt qu’un petit modèle qui sature dès la première vague chaude. Je n’ai pas senti de surenchère inutile, j’ai surtout vu une eau qui se stabilise mieux quand le montage est propre et que le débit ne file pas trop vite.
Ce que je garderais, ce que j’ai laissé tomber
Je garderais sans hésiter le 18 W pour mon bassin de 10 m³, à condition de l’intégrer à une filtration propre et à un préfiltre que je surveille vraiment. Je garderais aussi le réflexe de nettoyage régulier, parce que j’ai vu la différence dès que le panier s’est vidé de ses dépôts. Dans mon cas, le bon résultat est venu d’un ensemble simple, pas d’un appareil seul.
Je laisserais tomber l’idée qu’une lampe qui s’allume travaille encore au même niveau qu’une lampe neuve, parce que j’ai vu la reprise du vert revenir avec une vieille ampoule restée en service. Je laisserais tomber aussi le choix du 9 W pour un bassin de 10 m³ en plein soleil, car j’ai mesuré son manque de tenue dès que la chaleur a duré. Je ne généralise pas au-delà de mon bassin, mais dans mes notes, le soleil de juillet ne pardonne pas un montage moyen.
Mon verdict est simple. Oui pour un bassin de 10 m³ suivi de près, avec un préfiltre propre, une gaine quartz nettoyée et un débit maîtrisé : le 18 W m’a paru le plus solide. Non pour un bassin très ombragé, peu chargé et que l’on ne veut presque jamais ouvrir : dans ce cas, le 9 W peut encore dépanner, mais je ne l’aurais pas retenu chez moi après cette reprise d’eau verte. Pour un diagnostic précis de l’eau, je passe la main à un laboratoire, et je garde comme points de départ la circulation et la charge organique, pas le simple voyant de mise en marche.


